Commissioner Moscovici’s remarks on the international role of the euro

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Bonjour. Pour comprendre le sens de cet exercice, qui a été présenté dans des termes que je partage totalement par Valdis, il faut prendre du recul et regarder les grandes tendances économiques et géopolitiques que nous vivons.

Sur le plan économique, Chine concurrence désormais les Etats-Unis pour le poste ou le rang de première puissance mondiale, poursuivie maintenant par l’Inde. L’Europe, dans ce contexte, doit faire de plus en plus d’efforts pour maintenir sa place dans cette recomposition globale.

Sur le plan monétaire, si le dollar est depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale la principale monnaie de réserve internationale, cela aussi est destiné à changer progressivement avec la montée de la Chine. Et là encore nous devons agir pour préserver et renforcer la place de l’euro sur cet échiquier mondial.

Dès sa création il y a vingt ans, l’euro s’est imposé déjà comme la deuxième monnaie mondiale après le dollar. C’est une position beaucoup plus importante que celles qui avaient été occupées jadis par toutes les anciennes monnaies nationales réunies, ce qui est un argument de plus pour croire en notre devise européenne. Si les années de crise ont affaibli le poids relatif de l’euro, elles n’ont pas fondamentalement affecté sa place dans l’économie mondiale.

Mais l’euro pourrait beaucoup mieux faire encore et mieux refléter la force économique de la zone euro et la puissance commerciale de l’Union européenne. Une utilisation internationale plus large de l’euro bénéficierait à la fois aux citoyens européens et aux entreprises européennes. Ces dernières profiteraient d’un coût et d’un risque moindres dans le commerce international, d’un accès plus fiable au financement grâce à des marchés financiers plus intégrés et plus liquides et d’une exposition réduite aux actions en justice des pays tiers (par le biais de sanctions extraterritoriales) dont nous ne pouvons pas subir passivement la loi. La communication d’aujourd’hui vise à corriger progressivement cette situation.

Le renforcement du rôle international de l’euro permettrait d’accroitre la capacité de l’Europe à façonner les grands événements mondiaux. Il nous permettrait de tirer profit de la souveraineté de la zone euro dans le système monétaire international et à améliorer aussi la résistance du système financier international en élargissant les choix offerts aux opérateurs de marché à travers le monde. En contrepartie, cela permettrait aussi à l’Union européenne assumerait des responsabilités plus importantes au niveau mondial.

Nous sommes aussi lucides. Certains facteurs déterminants empêchent l’euro de réaliser son plein potentiel à l’international. A 20 ans, notre monnaie unique est déjà forte mais est encore jeune. Il existe encore d’importants effets de réseau qui continuent à favoriser le recours au dollar.

Mais il y a aussi des raisons plus banales : Pour certaines transactions, le coût d’utilisation du dollar est inférieur au coût d’utilisation de l’euro. Aussi, la préférence des opérateurs pour le dollar tient à la profondeur et à la liquidité des marchés financiers et des capitaux américains par rapport à ceux de la zone euro, ainsi qu’à la disponibilité d’infrastructures de marché et de systèmes de paiement attractifs, plus sans doute que les nôtres.

Par conséquent, un certain nombre de conditions interdépendantes doivent être remplies et des mesures doivent être prises pour rendre l’euro plus attractif à l’international :

Premièrement, comme Valdis l’a dit, nous devons poursuivre nos travaux pour renforcer les fondamentaux de l’économie de la zone euro et ça passe par l’achèvement de l’Union économique et monétaire, notamment l’Union bancaire – nous avons fait des progrès sur ce plan lors du dernier Eurogroupe, mais il faut faire beaucoup plus – et l’Union des marchés financiers. La disponibilité d’un plus grand nombre d’obligations libellées en euro et mieux notées rendrait notre monnaie unique plus attrayante pour les investisseurs internationaux. Le Sommet de la zone euro la semaine prochaine constituera une étape importante pour progresser dans cette direction.

Deuxièmement, nous proposons de réfléchir, en concertation avec les acteurs pertinents, à des actions concrètes pour améliorer le fonctionnement et la structure des marchés financiers. Valdis a mentionné certaines de nos initiatives dans ce sens.

Enfin, nous souhaitons, et nous devons, encourager les acteurs publics et privés du marché de l’énergie à revoir leurs pratiques actuelles en ce qui concerne l’utilisation de l’euro.Miguel vous en parlera dans un instant.